A propos

«Casse-toi, sale con !» a été anobli et même ennobli au Salon de l’Agriculture par le président de la république. Le présent éphéméride promeut dés maintenant sa profession de foi à son propre endroit, pour son départ en 2012.

Nous devons d’ores et déjà nous préparer à ces réjouissances – digne d’une fête nationale, sous une avalanche de « Hi ! » féconds et de con…fettis – et lui mijoter un immense hommage final, en clamant tous en cœur, pendant toute la future campagne électorale, cette répartie qu’il énonça avec tant d’exaltation et de spontanéité. D’ici là, la rumeur publique doit enfler, le slogan mûrir sur toutes les lèvres et dans toutes les têtes, pour qu’il ne soit plus qu’une grande clameur unanime et synchrone à l’instant béni. Le bouche à oreille, le téléphone arabe dans les banlieues et partout ailleurs, doivent fonctionner pour que, définitivement, ce credo devienne le slogan numéro un de la prochaine campagne présidentielle. Il nous reste quatre ans pour concocter cette ovation, comme n’en aura jamais connu un autre chef d’état avant lui. Que l’originel péché d’un tel verbiage s’accomplisse en prophétie. Empressons-nous de lui faire apprécier le frisson du boomerang rentrant au bercail, tel un pigeon voyageur bien entraîné ! En Mai 68, nous pancartions un «Charlot, démission!» qui collait au personnage souverain, aujourd’hui proclamons son pendant au logographe désinvolte qui prétend sans vergogne avoir hérité de sa légitimité politique. Notre «Casse-toi, sale con !» œcuménique amplifiera le sien de bretteur !

Ce blog a donc pour vocation de réunir des textes d’humour et d’humeur, avec tout l’irrespect respectueux, l’ironie du cercle des pamphlétaires disparus, ceux du XIXéme siècle, l’irrévérence à la Molière, l’impertinence pertinente que nous devons à notre bouffon couronné roi Dagobert qui a mis ses parlottes à l’envers. Calembours satiriques, à-peu-près, libelles, billevesées, nous rassemblerons de quoi faire rire et sourire pendant ce long accompagnement cocasse vers la sortie. Nulle haine, que de la verve, pas de verve-haine donc ! Pas d’insulte qui nous drainerait vers les tribunaux, pas de propos blasphématoire, juste la ritournelle du «Casse-toi, sale con  », qui ne peut plus faire l’objet d’aucune poursuite, puisque nulle n’a été entamée à l’encontre de son initiateur. La phrase est politiquement correcte, au nom du silence jurisprudentiel qui l’a entourée au moment de sa sacralisation. Les lèvres en cul de poule, le sourire en coin, nous devons pouvoir, selon la sensibilité de chacun, lui déclarer solennellement, lui hurler du fond du cœur, ou tout simplement lui susurrer : «Casse-toi, sale con !» en guise de bilan quinquennal. Comme dans la tirade des nez, nous pouvons à l’envie accommoder l’apophtegme, de sorte qu’il se décline en échos infinis, dont le point focal serait aussi le coryphée.

Halte à la morosité : transformons les tristes années Narkosy en un cycle festif. Ce blog se veut joyeux, jubilatoire, humoristique, positivement vindicatif. Il s’autodétruira après l’élection du prochain président, dont je ne doute pas qu’il soit autre que l’ici présent, ou le si présent.

  

Persifle et signe…

Michel ORIVEL